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Poèmes et contes de Madagascar.

 

 

Tiré de L'Origine des choses , Récits de la côte ouest de Madagascar , C. et M.-C. PAES, J.- F. RABEDIMY, N.RAJAONARIMANANA, VELONANDRO, Coll. Angano malagasy-Contes de Madagascar, éd. Foi et justice, Antananarivo 1991.

Conte énigme malgache (Le caméléon)

Il était une fois un roi. Il avait son Pavillon, il avait sa cours, il avait ses Conseillers, ses Officiers, ses Hautes Dames, ses Serfs et ses Suivantes, et il n'avait qu'un seul enfant, une fille. Cette fille n'avait pas le droit de sortir, de descendre, de voir la terre, non : elle restait dans le palais, là-haut, dans les étages du palais. En ce temps-là – car dans les contes tout va très vite – aux jours d'autrefois, les animaux étaient des êtres doués de paroles, et le roi avait pour Grand Conseiller, un animal.
Un jour, la fille du roi tomba malade, elle avait la fièvre. Sa maladie empirait, empirait, et on ne savait que faire. Tout le monde alla consulter la géomance pour savoir comment soigner la fille du roi. Chaque fois que l'on tirait les graines, elles répondaient qu'il fallait que ce soit le Grand-Conseiller du roi qui aille quérir le guérisseur qui soignerait la fille du roi.
On le fit appeler. Il se présenta, entra dans la maison, et le roi lui demanda de ses nouvelles ; puis il lui dit :
«  Ah, tu es venu, Conseiller ! » et il lui expliqua qu'il devait aller quérir le guérisseur qui soignerait l'enfant : «  Ah, je t'en supplie, fais vite ! ».
L'animal Conseiller partit. Mais on sait que quand un tel animal se hâte, il compte ses pas. Il y alla donc :
«  S'il-s'il-s'il- s'il y avait un enfant de Di- Di- Di- Dieu, s'il – s'il …. » ; et c'était toujours comme ça quand il avançait les pattes. Finalement , après un long, long, long voyage, il arriva chez le guérisseur :
«  Peut-on entrer ?
- Entrez ! »
Or ce Conseiller était bègue.
«  Entrez, dit le guérisseur.
Et il entra
- Co- co- comment vas-tu ? lui demanda le Conseiller.
- Quelles nouvelles ? lui demanda le guérisseur. »
Et voilà : le Conseiller voulait parler, mais la langue de ces animaux là n'est pas notre langue à nous les hommes. Il dit :
«  Hazouc – ouc hazou –and, notre sei-seigneur t'appe – t'appelle pour soi –agner l'en- enfant, pour que – que l'en-l'enfant vi-vive, ou que l'en-l'enfant meu-eure . »
Le guérisseur est bien embarrassé, il n'a jamais entendu ni vu une langue comme celle-là, mais c'est ainsi que parle le Grand Conseiller.
«  Comment mon ami ? demande-t-il .
- Hazouc – ouc hazou –and, notre sei-seigneur t'appe – t'appelle pour soi –gner l'en- enfant, pour que – que l'en-l'enfant vi-vive, ou que l'en-l'enfant meu-eure . 
- Tes paroles sont bien compliquées, répondit le guérisseur.
- Hazouc – ouc hazou –and, notre sei-seigneur t'appe – t'appelle pour soi –gner l'en- enfant, pour que – que l'en-l'enfant vi-vive, ou que l'en-l'enfant meu-eure . « 
Le fils du guérisseur s'approcha :
«  C'est que toi, ô guérisseur, notre seigneur t'appelle, le roi t'appelle pour soigner son enfant, que l'enfant vive ou que l'enfant meure, notre seigneur t'appelle. Mais lui, il ne parle pas très bien.
- Ah, si c'est ainsi, allons-y, ne perdons pas de temps, dit le guérisseur ».
Et ils partirent sur le champ. Ils montèrent à la cour du roi, le Conseiller les conduisait et il le portait.
Quand ils furent arrivés, ils soignèrent l'enfant. L'enfant guérit, et le Conseiller reconduisit le guérisseur.
Le roi se réjouit, il fit assembler le peuple :
«  Quelle chose puis-je te donner, Conseiller, quelle ressource puis-je te donner, puisque tu as été cause de la guérison de ma fille, ce qui était la raison pour laquelle on t'avait appelé ?
- Eh bien, il y a un oiseau…c'est bien un oiseau car il a des ailes, mais il saute et ne peut guère voler bien loin. C'est là, dit le Conseiller, l'aumône de reconnaissance que je te demande pour être allé quérir le guérisseur. »
Le roi accepta, et c'est la raison pour laquelle on attribua ……………….. comme nourriture au ……………………….., parce qu'il était allé quérir le guérisseur qui avait soigné la fille du roi, la fille unique du roi. Et il en est ainsi jusqu'à aujourd'hui, de génération en génération, le ……………………mange les …………………….parce qu'il a fait soigner la fille du roi.
C'est un conte, un conte ! Ce n'est pas moi qui ai menti, mais ceux d'autrefois


Les oiseaux ont choisi leur roi !

Tous les oiseaux de la terre se sont réunis et se sont mis d'accord afin d'élire leur roi . Mais seul le hibou était absent car il devait aider sa compagne qui couve ses petits.
Alors tous les oiseaux se sont mis d'accord afin de mettre à l'index celui qui rencontre le hibou sur son chemin et qui ne l' aurait pas tuer .
 C'est pourquoi le hibou ne voyage jamais le jour , car tout oiseau qui l'apercevrait, se prépiciterait pour le tuer.
 C'est alors que l'aigle s'est proclamé roi; mais la majorité l' a récusé; car c'est une brute ; ainsi l'aigle s'est mis à dos tous les oiseaux et s'est mis à les pourchasser .
 Alors les oiseaux se sont mis d'accord pour choisir l'oiseau royal comme roi, car il est magnifique , avec sa grande huppe et sifflote plusieurs airs.
 Ce pourquoi , on a choisi l'oiseau royale , comme roi de tous les oiseaux.


Tiré de Quinze contes de l'océan indien , Daniel Vaxelaire, coll. Contes, légendes et récits , éditions Castor poche, flammarion, Paris, 2002

Le perroquet.
En ce temps-là, Korea, le perroquet, avait un bec droit et fin.
Ce bec était bien pratique. Grâce à lui, Korea pouvait aisément piquer des choses vertes qui bougeaient dans l'herbe et s'en faire ventre plein. Ces choses vertes étaient des sauterelles.
« Elles sont stupides, songeait Korea, stupides et délicieuses ! »
et il les faisait craquer dans son bec pointu, dégustant le jus vert de sauterelle qui remontait dans son gosier. Il s'en fait même des réserves, pour les heures où il somnolait dans les branches du baobab, de gros tas de sauterelles mortes qui jaunissaient au soleil. Il disait que cela lui faisait comme un dessert… A chacun ses goûts !
Les sauterelles sont peut-être stupides quand on les picore une à une, mais ce sont des insectes : quand elles se regroupent pour réfléchir ensemble, elles peuvent devenir redoutables.
Il y eut un jour, sur la plaine verte des Hauts Plateaux, la plus grande conférence de sauterelles que le soleil ait jamais vue. Valala, le chef des sauterelles, prononça un long discours stridulent. Et dès le lendemain, la guerre commença.
D'abord, Korea s'aperçut qu'il ne trouvait plus aucune sauterelle dans l'herbe. Avaient-elles disparu de la surface de la terre ? Il avait beau chercher : rien.
Il termina ses vieilles réserves et, quand il eut fini de croquer, avec nostalgie, la dernière coque croustillante, il commença à souffrir de la faim.
Il faisait de mauvais rêves, il avait des douleurs d'estomac, parfois il tombait de sa branche, hébété de fatigue et de fringale.
Un matin, il entendit un étrange bruit.
« Tiens, songea-t il tristement, voilà que j'ai les oreilles qui bourdonnent, en plus ! C'est l'approche de la mort ! »
Ce n'est pas l'approche de la mort mais celle d'un nuage immense et noir, qui masqua bientôt le soleil et couvrit toute la plaine. Ce nuage crissait et grésillait et il arrondit sa course, droit vers Korea !
Des sortes d'énormes gouttes vertes se mirent à marteler le perroquet, sur le corps, sur la tête, comme un terrible orage horizontal.
« Mais, eut le temps de songer Korea, ce sont des sauterelles ! Des millions, des milliards de sauterelles ! »
Elles lui bombardaient le crâne et surtout le bec. Cela lui faisait mal, très mal… Il tomba de sa branche et perdit connaissance.
Quand il se réveilla, perclus de douleurs, il s'aperçut que les sauterelles, pendant son évanouissement, avaient scié son bec. Son bec, son bec si fin et si droit, et si pratique pour picorer les sauterelles, était devenu une espèce de machin tordu, comme un outil pour casser les cailloux !
Korea attendit encore quelques jours, se mirant chaque matin dans une flaque d'eau pour voir s'il n'allait pas retrouver sa beauté initiale. Hélas, le bec restait en crochet.
Alors il se résigna. Il oublia les sauterelles et chercha des cailloux comestibles : des graines à la coque épaisse que son bec éclate sans problème. Tout de même, pour se consoler, il a volé à l'arc-en-ciel la couleur de ses plumes. On remarquera que certaines sont d'un vert de sauterelles.
Mais Valala et ses troupes se moquent bien de ce défi, car depuis ce jour, les sauterelles sont les maîtresses des Hauts Plateaux et elles reviennent parfois en nuages épais pour le rappeler aux hommes.

LE SERPENT ET LA GRENOUILLE

Un jour, un serpent et une grenouille se rencontrèrent.
- Où allez-vous ainsi, vénérable frère ? demanda la grenouille.
Le serpent répondit avec colère :
- Je vais tout droit mon chemin.
Le serpent n'ajouta rien, mais la grenouille, qui était très curieuse et très bavarde, demanda encore :
- Pourquoi changez-vous de peau de temps en temps ?
- Pour me faire beau, grogna le serpent.
- Et pourquoi remuez-vous la queue comme si vous étiez en colère ? reprit l'imprudente grenouille. Pourquoi votre langue s'allonge-t-elle comme une flèche ? Pourquoi jetez-vous la tête en avant, comme pour effrayer les gens ? Et pourquoi rampez-vous sur le ventre tout le long de l'année ?
Le serpent trouva ces questions fort impertinentes. Il se tourna vers la grenouille en disant :
- Et vous, pourquoi vos yeux sont-ils à fleur de tête ?
- Parce que je suis une grenouille de la plus belle espèce, dit-elle.
- Et pourquoi tenez-vous la bouche si grande ouverte ?
- Parce que j'ai toujours des messages à porter, et que je prends part à beaucoup de conversations.
- Et que faites-vous tout le long du jour ?
- Le soir je chante. A minuit j'appelle : " Qui va là ? ". Le matin, je crie : " Qui êtes-vous ? "
- Eh bien ! je vais vous faire voir qui je suis! dit le serpent et, ouvrant la bouche, il avala la pauvre grenouille.
Et c’est depuis ce temps-là que les serpents poursuivent les grenouilles et les mangent
Un jour, un serpent et une grenouille se rencontrèrent.
- Où allez-vous ainsi, vénérable frère ? demanda la grenouille.
Le serpent répondit avec colère :
- Je vais tout droit mon chemin.
Le serpent n'ajouta rien, mais la grenouille, qui était très curieuse et très bavarde, demanda encore :
- Pourquoi changez-vous de peau de temps en temps ?
- Pour me faire beau, grogna le serpent.
- Et pourquoi remuez-vous la queue comme si vous étiez en colère ? reprit l'imprudente grenouille. Pourquoi votre langue s'allonge-t-elle comme une flèche ? Pourquoi jetez-vous la tête en avant, comme pour effrayer les gens ? Et pourquoi rampez-vous sur le ventre tout le long de l'année ?
Le serpent trouva ces questions fort impertinentes. Il se tourna vers la grenouille en disant :
- Et vous, pourquoi vos yeux sont-ils à fleur de tête ?
- Parce que je suis une grenouille de la plus belle espèce, dit-elle.
- Et pourquoi tenez-vous la bouche si grande ouverte ?
- Parce que j'ai toujours des messages à porter, et que je prends part à beaucoup de conversations.
- Et que faites-vous tout le long du jour ?
- Le soir je chante. A minuit j'appelle : " Qui va là ? ". Le matin, je crie : " Qui êtes-vous ? "
- Eh bien ! je vais vous faire voir qui je suis! dit le serpent et, ouvrant la bouche, il avala la pauvre grenouille.
Et c’est depuis ce temps-là que les serpents poursuivent les grenouilles et les mangent
.


Tiré de Quinze contes de l'océan indien , Daniel Vaxelaire, coll. Contes, légendes et récits , 2ditions Castor poche, flammarion, Paris, 2002.

Le rat et le chat

L'amitié du chat et du rat était, dit-on, sincère. Le chat ne mangeait pas de souris tout comme maintenant l'homme ne mange pas de chien, sans trop savoir pourquoi.
Un jour, le rat dit au chat : « Mon ami, j'aime jouer avec le feu ; je connais les mots magiques pour rendre la flamme peu chaude et inoffensive.
•  Comment cela ? s'enquit l'autre.
•  Ecoute, c'est très simple, répondit le rat. Mets-moi dans un tas de bois et mets le feu dessus ; tu verras que je sortirai sain et sauf. Veux-tu me mettre à l'épreuve ?
•  Oui, dit le chat.
•  Ecoute, il faut que tu sois bien attentif. Vois bien comment je gratte la terre et comment je ris. Ecoute, il faut te souvenir que tu dois chanter le « Rano, Rano ! » toutes les fois que la flamme se fait sentir.
•  Oui, dit le chat.
Alors le rat s'enfonça dans le tas de brindilles. « Ce n'est pas bien serré », déclara-t-il, quand il fut invisible. « Il faut ajouter deux ou trois gros morceaux ».
•  Ah ! le diable, il va être écrasé, se dit le chat. Il mit pourtant les deux morceaux de bois.
•  Ce n'est pas suffisant, ajouta le rat, car j'aperçois encore le soleil. Mets-en un peu plus.
•  Ah ! le diable, il va être écrasé, se dit encore le chat. Il ajouta quatre gros morceaux. Et puis, il dit :
•  « Alors ça y est, mon vieux… ? »
Le rat répondit : « Vas-y, allume, n'aie pas peur ».
Il avait gagné le temps nécessaire pour creuser un trou. Le feu brûle, le rat est dans son trou, lançant parfois le son magique « Rano, Rano ».
J'entends encore sa voix et son chant, se dit le chat. « Es-tu encore en vie, mon vieux ? N'étouffes-tu donc jamais ? ».
•  Rano, Rano, lança le rat.
Quand tout fut éteint, le rat sortit. Tu vois, dit-il, au chat, je n'ai rien senti. Veux-tu essayer dans l'autre tas ?
•  Oui, mon vieux, répondit le chat. Il est dans les branches. Le rat allume le feu. Le chat dit : « Rano, Rano », la flamme a fait sauter ses moustaches, elle lui a arraché les poils du dos. « Ahan ! » se dit-il. La flamme lui brûle maintenant les oreilles. « Ayé ! » fit-il. D'un bond, il sauta hors du feu. Et le voilà sauvé.
Le rat dit : « Il est temps que je décampe ». Et il alla se cacher.
Le chat poursuivit le rat.
C'est depuis ce temps-là que les chats et les rats se font toujours la guerre.


LES TROIS SŒURS

Il y avait une fois un homme et une femme qui avaient trois filles. La plus jeune, appelée Ifara, la plus était la plus jolie. Une nuit, Ifara fit un rêve et le lendemain elle le raconta à ses sœurs.
- J'ai rêvé, dit-elle, que je voyais le Fils du Soleil descendant sur la terre pour chercher une femme et, le croiriez-vous ? il me choisit pour être son épouse. Les deux autres sœurs furent vexées en entendant cela et elles se dirent : " Elle est certainement bien plus jolie que nous, et qui sait si un grand chef ne viendra pas pour l'épouser ? Il nous faut chercher un moyen de nous débarrasser d'elle. Mais voyons d'abord si tout le monde la trouvera la plus jolie. "
Elles appelèrent Ifara et lui dirent de s'habiller pour sortir avec elles. La première personne qu'elles rencontrèrent fut une vieille femme.
- Oh! bonne mère, crièrent les deux sœurs, quelle est la plus jolie de nous trois ?
La vieille répondit : " Ramatoua n'est pas mal, Raïvou non plus, mais c'est Ifara qui est la plus belle. "
Alors Ramatoua enleva à sa jeune sœur sa robe de dessus.
Elles rencontrèrent un vieillard et lui dirent :
- Oh ! bonhomme, quelle est la plus jolie de nous trois ?
Le vieillard fit la même réponse que la vieille femme, et Raïvou dépouilla Kara de sa robe de dessous.
Ensuite elles rencontrèrent Itrimoubé, un monstre moitié homme, moitié taureau, avec une longue queue pointue.
- Voici Itrimoubé, dirent les deux sœurs, et elles lui crièrent : " Itrimoubé, quelle est la plus jolie de nous trois ? "
Itrimoubé poussa un grognement et répondit : " Ça n'est pas difficile à dire, c'est Ifara. "
Les deux sœurs étaient pleines de rage, et elles se dirent : " Nous ne pouvons pas la tuer nous-même mais nous lui ferons cueillir les légumes d'Itrimoubé alors, il sera en colère, et il la mangera ".
Elles appelèrent Ifara et lui dirent :
- Jouons à qui ramassera les plus gros ignames.
- Où faut-il aller ? dit Ifara.
- Là-bas, dirent ses sœurs en lui montrant champ d'Itrimoubé. Mais cueille seulement ceux viennent juste de pousser.
Quand Ifara rapporta ses ignames, elle vit qu'ils étaient beaucoup plus petits que ceux de ses sœurs. Elles se moquèrent d'elle et lui dirent : " Va vite en chercher d'autres. "
Quand Ifara fut de retour dans le champ d'ignames, elle vit arriver Itrimoubé galopant sur ses quatre pieds ; il la saisit en s'écriant : " A présent, je t'y prends ; c'est toi qui voles mes ignames; je vais t'avaler. "
- Oh ! non, non, dit la pauvre Ifara pleurant, laissez-moi plutôt être votre femme, et je vous servirai bien.
- Viens, alors, dit Itrimoubé, et il l'emmena dans sa hutte, mais son idée était de l'engraisser pour la manger ensuite.
Les deux sœurs furent ravies voir le monstre emmener Ifara. Elles coururent à leur maison, racontèrent à leurs parents qu'Ifara avait volé les ignames d'Itrimoubé, et que celui l'avait mangée. Le père et la mère pleurèrent amèrement sur le sort de leur chère fille.
Pendant ce temps, Itrimoubé engraissait Ifara; il la tenait enfermée dans la maison, cousue dans une natte, pendant qu'il allait chercher toutes sortes de choses pour lui donner à manger, et il commençait à penser qu'elle était bien dodue et qu'elle devait être bonne à rôtir.
Un jour qu'Itrimoubé était sorti pour toute la journée, Ifara vit une petite souris qui lui dit : " Donne-moi un peu de riz blanc, Ifara, et je te dirai quelque chose. " Ifara lui donna un peu de riz blanc, et la petite souris lui dit :
- Demain, Itrimoubé va te manger, mais je rongerai le fil qui tient la natte et tu pourras te sauver. Prends avec toi un œuf, un balai, un bâton et un caillou bien roulé et poli, et mets-toi à courir du côté du sud.
Quand la petite souris eut rongé le fil qui tenait la natte, Ifara prit un œuf, un balai, un bâton et une pierre polie, et elle se sauva bien vite, après avoir mis à sa place un tronc de bananier et fermé la porte.
Quand Itrimoubé rentra, apportant un grand pot et une sagaie pour tuer Ifara et la faire bouillir, il trouva la porte fermée. Il frappa et appela; personne ne répondit.
- Bien, pensa-t-il. Ifara est devenue si grasse qu'elle ne peut plus bouger !
Il brisa la porte et, courant droit vers le lit, il enfonça son arme dans le tronc de bananier, croyant tuer Ifara.
- Comme Ifara est grasse, dit-il, ma sagaie s'enfonce toute seule !
Il la retira et passa la langue dessus.
- Elle est toute en graisse et tout à fait insipide. Elle sera peut-être meilleure rôtie !
Mais, en ouvrant la natte, il vit le tronc de bananier, et il fut très en colère. Il sortit et huma l'air vers nord : rien ; il huma l'air vers l'est : rien ; vers l'ouest rien ; il huma l'air enfin vers le sud : " Ah! cette fois, je la tiens ! "
Il se mit à galoper, et bientôt il atteignit Ifara.
- Maintenant, je t'aurai ! cria-t-il.
Ifara jeta à terre son balai, criant : " Par ma mère et par mon père, que ce balai devienne un fourré qu'Itrimoubé ne puisse pas traverser ! "
Voilà le balai qui s'allonge, qui grossit, et qui devient un énorme fourré !
Mais Itrimoubé enfonça sa queue pointue dans fourré et se fit un chemin et il cria :
- Maintenant, je t'aurai, Ifara !
Ifara jeta l’œuf à terre, en criant :
" Par mon père et par ma mère, que cet œuf devient un étang qu'Itrimoubé ne puisse pas traverser! "
L’œuf se cassa et devint un étang très profond.
Mais Itrimoubé se mit à boire l'eau et quand l'étang fut à sec, il passa et cria :
A présent, je t'aurai Ifara!
Alors Ifara jeta son bâton à terre, en criant : " Par mon père et par ma mère, que ce bâton devienne une forêt qu'Itrimoubé ne puisse pas traverser! "
Le bâton devint une forêt dont toutes les branches s'entrelaçaient. Mais Itrimoubé coupa les branches avec sa queue jusqu'à ce qu'il ne restât plus un arbre debout. " Maintenant, je t'aurai, Ifara! "
Mais Ifara jeta un caillou roulé à terre en criant : " Par mon père et par ma mère, que ce caillou devienne une barrière de rochers. " Le caillou grossit, grandit, et devint un rocher perpendiculaire, et il fut impossible à Itrimoubé de le gravir. Alors, il cria : " Tire-moi en haut, Ifara, je ne te ferai point de mal. ".
- Je ne te tirerai pas en haut, si tu ne plantes d'abord ta sagaie dans la terre ", dit Ifara. Itrimoubé planta sa sagaie dans la terre, et la bonne Ifara commença à le tirer en haut avec une corde. Mais, quand il fut près du bord, il cria : " En vérité, en vérité, je t'aurai à présent, Ifara !"
Ifara fut si effrayée qu'elle lâcha la corde et Itrimoubé tomba juste sur sa sagaie, où il s'empala. Ifara ne savait plus où trouver son chemin et s'assit en pleurant. Bientôt un corbeau vint se poser près d'elle et elle lui chanta :
"Joli corbeau, joli corbeau,
"Je lisserai tes plumes noires
" Si tu veux m'emporter avec toi
" Vers le puits de mon père. "
Non, dit le corbeau, je ne t'emporterai pas ; tu n'aurais pas dû raconter que je mangeais des arachides vertes!
Il vint ensuite un milan, et elle lui chanta :                                                                      
" Mon beau milan, mon beau milan
"Je lisserai tes plumes grises
" Si tu veux m'emporter avec toi
" Vers le puits de mon père. "
Non, dit le, milan, je ne t'emporterai pas. Tu n'aurais pas dû raconter que je mangeais des rats morts.
La pauvre Ifara regrettait bien d'avoir été si bavarde, et elle pleurait amèrement, quand elle aperçut un joli pigeon bleu qui roucoulait : " reou, reou, reou " et elle lui chanta :
" Joli pigeon, joli pigeon,
" Je lisserai tes plumes bleues,
" Si tu veux m'emporter avec toi
" Vers le puits de mon père. "
Reou! reou! reou! Viens, jeune fille, roucoule le pigeon bleu. J'aime à prendre pitié de ceux qui souffrent.
Et il l'emporta vers le puits de son père et la posa sur un arbre, juste au-dessus de la source.
Elle n'y était pas depuis longtemps quand leur petite esclave noire vint puiser de l'eau, et, en se penchant, elle vit comme dans in miroir le visage d'Ifara dans le puits, et elle crut voir sa propre figure.
- Vraiment! pensa l'esclave, je suis bien trop jolie pour porter cette vilaine cruche !
Et elle jeta la cruche par terre et la brisa, pendant qu'Ifara criait :
- Mon père et ma mère dépensent-ils leur argent à acheter des cruches pour que tu les casses ?
L'esclave regarda partout autour d'elle, mais ne vit personne et retourna à la maison.
Le lendemain matin, elle revint avec une autre cruche et, voyant la figure d'Ifara dans l'eau, elle cria :
- Non, jamais plus je ne porterai de cruche; je suis bien trop jolie! et elle cassa encore sa cruche.
Mais Ifara chanta de nouveau :
- Mon père et ma mère dépensent-ils leur argent acheter des cruches pour que tu les casses ?
L'esclave regarda de tous les côtés, et, ne voyant personne, elle courut à la maison, et raconta qu'il avait dans le puits quelqu'un qui parlait avec la voix d'Ifara.
Le père et la mère se mirent à courir, et quand Ifara les vit elle descendit de l'arbre, et ils pleurèrent de joie de se retrouver. Les parents d'Ifara furent s fâchés contre leurs deux aînées qu'ils les chassèrent de la maison et vécurent heureux avec Ifara.


L'arbre de l'humanité -

"L'arbre trônait dans la plaine aride, non loin du village, depuis des temps immémoriaux. Les grands-pères et les grands-pères des grands-pères l'avaient toujours vu. On disait qu'il était aussi vieux que la Terre. On le savait magique. Des femmes trompées venaient le supplier de les venger, des hommes jaloux, en secret, cherchaient auprès de lui un remède à leur mal. Mais personne ne goûtait jamais à ses fruits magnifiques.
Pourquoi? Parce que la moitié d'entre eux était empoisonnée. Mais on ne savait laquelle : le tronc massif se séparait en deux grosses branches dont l'une portait la vie, l'autre la mort. On regardait mais on ne touchait pas.
Une année, un été chaud assécha la terre, un automne sec la craquela, un hiver glacial gela les graines déjà rabougries. La famine envahit bientôt le village. Miracle : seul sur la plaine, l'arbre demeura imperturbable. Aucun de ses fruits n'avait péri.
Les villageois affamés se dirent qu'il leur fallait choisir entre le risque de tomber foudroyés, s'ils goûtaient aux merveilles dorées, et la certitude de mourir de faim s'ils n'y goûtaient pas.
Un homme dont le fils ne vivait plus qu'à peine osa soudain s'avancer. Sous la branche de droite il fit halte, cueillit un fruit, ferma les yeux, le croqua et... survécut. Alors tous les villageois l'imitèrent et se ruèrent sur les fruits sains de la branche droite.
Repus, ils considérèrent la branche gauche. Avec dégoût d'abord, puis haine. Ils regrettèrent la peur qu'ils avaient eue et décidèrent de se venger en la coupant au ras du tronc.
En 2 jours, l'arbre amputé de sa moitié empoisonnée noircit, se racornit et mourut sur pied, ainsi que ses fruits."


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Tiré de L'Origine des choses , Récits de la côte ouest de Madagascar , C. et M.-C. PAES, J.- F. RABEDIMY, N.RAJAONARIMANANA, VELONANDRO, Coll. Angano malagasy-Contes de Madagascar, éd. Foi et justice, Antananarivo 1991.

Petit-Plein-de-Morve
Il était une fois trois garçons, trois frères : l'aîné, le cadet, et Petit-Plein-de-Morve, le benjamin, tous trois fils du même père. Seul le plus petit n'était pas marié.
Un jour, il décidèrent d'aller courtiser les filles.
Alors ils partirent courtiser les filles, ils partirent courtiser les filles dans un autre endroit, loin.
En chemin, ils voulurent renvoyer Petit-Plein-de-Morve mais Petit-Plein-de Morve refusa. Les voilà arrivés là-bas. Les deux grands courtisèrent des filles, mais n'eurent pas de succès parce qu'ils avaient mangé chez elles : « Toi qui as mangé chez moi, disait chaque fille, tu veux aussi me courtiser ? Tu es un mou, ce n'est pas moi que tu veux, c'est ma nourriture ! Pourquoi n'as-tu pas commencé par me dire ce que tu voulais au lieu de manger chez moi ? ».
Quand il était arrivé, Petit-Plein-de-Morve, lui, n'avait pas accepté le repas, et une fille accepta de devenir sa femme. Il était vilain, vraiment horrible, impossible de trouver plus vilain que lui, mais une fille avait quand même accepté de devenir sa femme. Les deux grands rentrèrent, mais lui, une fois revenu au village, il se dit :
«  J'en ai assez de ce corps, j'en ai vraiment assez de ce corps, ah, il vaut mieux que j'aille trouver Dieu. Mes frères sont beaux et moi je suis vilain, je ne sais même pas comment j'ai pu avoir cette fille…sans doute était-ce mon destin…cependant il vaut mieux quand même que j'aille trouver Dieu. »
Et il partit chercher Dieu. En chemin, il vit un bananier qui pliait sous le poids des bananes bien mûres. Il n'en mangea pas. Il marcha, il marcha…Puis il vit un oranger qui pliait sous le poids des oranges bien mûres. Il n'en mangea pas.
Enfin il arriva chez Dieu.
« - Bonjour, dit Dieu.
- Bonjour.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Ah, ce que je voudrais….Tous mes camarades se moquent de moi, j'en ai assez. Tous les autres sont beaux, il n'y a que moi qui suis vilain, qu'est-ce que tu vas faire pour moi, Dieu ?
- Bon, dit Dieu, c'est juste. Tu veux la beauté ? Eh bien assis-toi sur ce siège d'or là-bas.
- Oh non, dit Petit-Plein-de-Morve, pas là-bas, je me contente de m'asseoir ici.
- Tu ne t'assieds pas là-bas ?
- Non. »
Il resta là. Dieu ordonna qu'on lui serve à manger. On lui servit à manger.
«  Voilà, dit Dieu. Mange donc dans cette assiette en or.
- Oh non, répondit Petit-Plein-de-Morve, je ne mangerai pas dans cette assiette en or, mettez mon repas ici, que je mange dans cette écuelle percée. » Et il mangea.
La nuit tomba :
«  Voilà ton lit, il fait nuit.
- Oui, dit Petit-Plein-de-Morve mais je ne m'y coucherai pas, il vaut mieux que je me contente de coucher par terre. » Et il coucha par terre.
Le lendemain, le jour se leva :
«  Bien, dit Dieu, entre par là, dans cette maison.
- Oui. » Il entra dans la maison.
Dieu le façonne, le façonne…
«  Comment est-ce que tu te trouves ?
- Ce n'est pas encore ma vraie peau. »
Dieu le façonne, le façonne…
«   Comment est-ce que tu te trouves ?
- Ce n'est pas encore ma vraie peau. »
Comme le petit garçon l'avait prié, et que tous ses gestes, toutes ses manières lui avaient plu, il ne refusa rien de tout ce qu'il voulait qu'il lui fasse.
«  Il vaut mieux que je réalise ses désirs…Est-ce que c'est ta vraie peau maintenant ?
- Ce n'est pas encore ma vraie peau. »
Il le façonne, il le façonne, il le façonne….ça y est, c'était terminé, il lui avait refait une peau toute neuve.
Petit-Plein-de-Morve repartit chez lui. On l'accueillit :
«  Eh bien, comment ça va ? Mais, oh, voilà Petit-Plein-de-Morve, voilà Petit-Plein-de-Morve qui est devenu un beau garçon…
- Oh oh, si c'est comme ça, dirent ses grands frères, nous allons allé trouver Dieu nous aussi. Lui qui était vilain, il est devenu beau ! Qu'est-ce que cela sera pour nous qui sommes déjà beaux ! »
Et ils partirent trouver Dieu, eux aussi. Sur le chemin, ils virent des bananes. Ils en mangèrent. Ils marchèrent, ils marchèrent. Puis ils virent de belles oranges, et ils en mangèrent.
Quand ils arrivèrent chez Dieu, on leur présenta une natte pour s'asseoir mais ils s'assirent à la place de Dieu. Dieu leur donna à manger dans une assiette en or et ils mangèrent dedans. On leur proposa aussi un lit, et ils dormirent sur le matelas doré.
« Bon, dit Dieu, Qu'est-ce que vous voulez ?
- Ce que nous voulons ? la beauté .
- Bon, dit Dieu, alors entrez par là, dans cette maison. »
La maison où il les fit entrer était celle où l'on façonnait les chiens, pas les hommes, les chiens !
Ils entrèrent. Les voilà à l'intérieur. Dieu les façonne, les façonne…
«  Comment est-ce que vous vous trouvez ?
- Comment est-ce que vous vous trouvez ?
- Il nous semble avoir une queue par ici…
- Comment est-ce que vous vous trouvez ?
- Nos oreilles ne sont-elles pas trop allongées ?…
- Comment est-ce que vous vous trouvez ?
- Mais nous avons quatre pattes !…
- Comment est-ce que vous vous trouvez ? »
Ils ne répondirent pas mais poussaient de drôle de cris.
«  Bon leur dit Dieu, allez ouste, dehors ! »
Dieu les chassa. Les voilà dehors. Ils rentrèrent chez eux. Au moment où ils arrivèrent chez eux, leur femme étaient en train de les chercher ;
« Où sont passés nos maris ?
-  Ils sont allés trouver Dieu.
- Et ces chiens là qui nous suivent, d'où sortent-ils ?
- Hé hé ! Ce doit être vos maris ! dit Petit-Plein-de-Morve.
- Oh, et comment cela est-il possible ?
- Ils ont dû trouver Dieu, mais ne se sont pas conduits comme il le fallait. Voilà comment c'est arrivé. »
C'est pour cela que depuis ce jour, les hommes élèvent les chiens. Et quand ils vont faire leurs petits dans la brousse, si les hommes les trouvent, ils les élèvent, parce qu'avant, c'étaient des hommes, et qu'on ne doit pas les maltraiter si on les trouve.
Et voilà, ce n'est pas moi qui ai menti, ce sont les gens d'autrefois.


LE JEUNE ORPHELIN HAÏ
PAR SES FRERES

 Il était une fois un homme et une femme qui avaient sept fils. Ils étaient tous forts et beaux, sauf le dernier, Faralahy, qui était chétif et de pauvre mine. Aussi ses frères se moquaient de lui et, quand leurs parents furent morts, ils le rendirent très malheureux, en lui faisant faire toutes sortes de travaux pénibles, et en le traitant, comme un esclave.
Un jour, le pauvre garçon se mit à réfléchir et se dit :
"  Mon père est mort, ma mère est morte; mes frères, qui devraient les remplacer, sont méchants pour moi, et je suis pauvre et laid. Que, vais-je devenir ? Il faut que j'aille trouver Zanahary, le dieu des malgaches."
Donc, Faralahy commença par aller voir un vieillard, très, très vieux, nommé Rafouvatou, et lui dit :
- Je veux aller voir Zanahary, que faut-il que je fasse ?
Rafouvatou le regarda et, voyant que c'était un brave garçon, il lui dit :
- Mardi sera un bon jour pour commencer ton voyage, et tu réussiras sûrement si tu écoutes bien mes conseils.
- Je les écouterai, soyez sans crainte, dit Faralahy, dites-moi ce qu'il faut faire.
- Eh bien ! quand tu seras de l'autre côté de cette grande montagne là-bas, tu verras un beau champ de cannes à sucre; ce sont les cannes à sucre de Zanahary ; tu n'y toucheras pas, tu marcheras toujours au millet de la route. Un peu plus loin, tu verras des moutons ; ils seront très gros et très gras. Ce sont les moutons de Zanahary ; tu les laisseras tranquilles. Quand tu seras de l'autre côté de la vallée, tu verras de magnifique orangers avec des oranges grosses comme ta tête; ce sont les oranges de Zanahary; tu n'en prendras pas. Quand tu auras gravi une autre montagne, tu verras des bœufs énormes; ce sont les bœufs de Zanahary ; tu ne leur jetteras pas de pierres et tu ne les effraieras pas. Un peu plus loin, tu verras un beau puits plein d'eau claire et limpide; c'est la source dorée de Zanahary; même si tu as très soif, tu n'en boiras pas. Et quand tu seras arrivé à la demeure de Zanahary, s'il n'est pas à la maison, tu salueras sa femme, et si elle t'offre à boire, tu feras bien attention de ne pas toucher l'anse de la cruche. "
Faralahy remercia Rafouvatou, et se mit en marche.
Bientôt, il vit le champ de cannes à sucre, mais il resta bien au milieu de la route, et se contenta de dire : " Quelles belles cannes à sucre! " Un peu plus loin, il rencontra les moutons et s'écria : " Quels magnifiques moutons! " mais sans se détourner de son chemin. Il continua d'avancer, et, voici : il vit les orangers, tout chargés d'oranges grosses comme sa tête! Il avait faim, il avait soif, mais il ne se dérangea pas de son chemin. Puis il passa devant les bœufs : " Quel superbe troupeau ! " dit Faralahy, mais sans s'approcher d'eux. Enfin, il arriva près de la source dorée, il ne put s'empêcher de s'écrier : " Quelle eau pure et limpide, comme elle doit être délicieuse! " mais il n'y trempa même pas le bout de ses doigts!
A la fin, il arriva à la demeure de Zanahary. Zanahary n'était pas à la maison ; il n'y avait que sa femme.
Faralahy la salua bien poliment et lui demanda à boire et quand on lui présenta la cruche, il ne la prit pas; il ouvrit simplement la bouche et la servante lui versa de l'eau dedans.
Lorsque Zanahary rentra, il dit : " Que veut Faralahy, celui qui est haï par ses frères ? "
- Seigneur, dit Faralahy, je veux être beau et fort, car les gens me méprisent.
- Est-ce que tu as vu mes cannes à sucre, en venant ici ?
- Oui, mais je n'y ai pas touché.
- Est-ce que tu as vu mes moutons?
- Oui, mais le n'en ai point tué.
- Est-ce que tu as vu mes oranges, aussi ?
- Oui, mais je n'en ai point cueilli.
- Est-ce que tu as vu mes bœufs ?
- Oui, mais je ne leur ai point jeté de pierres.
- Est-ce que tu as vu ma source dorée ?
- Oui, mais le n'ai pas puisé de l'eau.
- Alors Zanahary se tourna vers sa femme.
- Est-ce qu'il vous a saluée, quand il est entré?
- Oui, dit la femme, et très poliment.
- Quand on lui a donné à boire, a-t-il seulement ouvert la bouche sans toucher à la cruche ?
- Oui, en vérité, répondit la servante.
Alors Zanahary toucha Faralahy, et il devint immédiatement un grand et beau jeune homme de robuste apparence. Il remercia et s'en retourna bien content.
Quand il arriva à la maison, ses frères ne pouvaient en croire leurs yeux.
- Est-ce toi, Faralahy, d'où viens-tu ?
- J'étais si malheureux, que je suis allé voir Zanahary, et voilà ce qu'il a fait de moi.
Alors les six frères se dirent :
- Nous, qui sommes déjà beaux et forts, si nous y allons aussi, certainement Zanahary fera de nous de superbes géants.
Ils allèrent trouver Rafouvatou, qui les regarda et leur dit :
- Vous pouvez partir mercredi, mais je ne vous garantis pas le succès. Cependant, si vous voulez vous abstenir de tout ce que je vous dirai, cela ira peut-être.
- Nous le ferons. Qu'est-ce que c'est ?
- Quand vous verrez les belles cannes à sucre de Zanahary, n'y touchez pas.
- C'est bien facile. Quoi encore ?
- Quand vous verrez les gros moutons de Zanahary, n'en tuez pas.
- Bien. Quoi de plus ?
- Quand vous verrez les énormes oranges de Zanahary, n'en cueillez pas.
- Nous n'en cueillerons pas. Autre chose ?
- Quand vous arriverez près des bœufs gras de Zanahary, ne les effrayez pas et ne leur jetez pas de pierres.
- Bien sûr que non. C'est tout ?
- Quand vous arriverez près de la source dorée de Zanahary, n'y puisez pas.
- Après ?
- Quand vous entrerez dans la demeure de Zanahary, s'il n'est pas là, saluez sa femme, et si on vous donne à boire, ne touchez pas à l'anse de la cruche.
- Ça va bien; ne craignez rien, c'est comme si nous y étions déjà et ce que nous allons être puissants !
Les six frères se mirent donc en route, et quand ils virent les délicieuses cannes à sucre, ils s'écrièrent : " Oh! comme elles sont mûres et juteuses! Une chacun, qui est-ce qui s'en apercevra ? "
Un peu plus loin, ils virent les moutons : " ils sont si gras, et il y en a tellement! Si nous n'avons rien à manger, nous ne pourrons jamais arriver au bout de notre voyage. "
Donc, ils tuèrent un mouton et le mangèrent.
Ensuite, ils virent les oranges, et comme ils avaient soif, ils en cueillirent plusieurs, et quand ils passèrent devant les bœufs, ils furent étonnés de leur grosseur ne purent s'empêcher de leur jeter des pierres. A source dorée, ils burent à longs traits et, quand ils entrèrent dans la demeure de Zanahary, ils ne saluèrent pas sa femme, mais lui demandèrent grossièrement boire; et quand on leur présenta la cruche, ils la saisirent par l'anse et la vidèrent tout entière.
Alors Zanahary entra.
- Que venez-vous chercher ici, vous six ?
Les frères firent un profond salut et dirent : " Nous sommes venus, seigneur, pour que vous fassiez de nous des géants ".
- Avez-vous vu mes cannes à sucre en venant ?
- Oui, mais nous n'en avons pris qu'une chacun.
- Avez-vous vu mes moutons ?
- Oui, et nous avions si faim que nous en avons mangé un.
- Avez-vous vu mes oranges ?
- Oui, et nous avions si soif que nous en avons cueilli quelques-unes.
- N'avez-vous pas jeté de pierres à mes bœufs ?
- C'est celui-ci qui en a jeté, dirent cinq des frères en montrant l'aîné.
- Quand ils sont entrés, vous ont-ils saluée, madame ?
- Non, vraiment, dit la femme.
- Et quand ils ont bu, ont-ils pris la cruche eux-mêmes ?
- Oui, dit la servante.
Alors Zanahary fronça le sourcil et leur dit:
- Vous vous êtes conduits comme des animaux privés de sens, devenez des animaux.
Aussitôt l'aîné devint un lézard, le second un serpent, le troisième une grenouille, le quatrième un crapaud, le cinquième, un caméléon et le sixième une chauve-souris, et il sauvèrent dans la forêt.
Faralahy hérita de leurs biens et devint riche et puissant.
Et les Malgaches terminent l'histoire par ce proverbe : Que celui qui est laid ne se décourage point; celui qui est beau ne soit point orgueilleux.


Les malgaches

Qu’ importe que les gens disent…..
Je vous aime ;

L’  amabilité, le sourire,
La beauté d’ âme, la beauté,
La culture, la coutume,
La disponibilité

Jamais  « non »
Jamais une révolte vers nous  « les patrons »…

Patron de qui …. ? Patron de quoi … ?
Chez nous en europe
On compte 0,0001% … Peut être … 
Et  ici on nous appel   « patron »

De votre part j’ ai eu :
Le d évouement, le sérieux,
La sérénité, l’ estime,
La confiance et l’ amour

Qu’ importe que les gens disent …
Je vous aime .

Adelio octobre 2003

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Fumeurs de pipe

Si tu t'es querellé avec ton frère
Et que tu as envie de le tuer
Assieds-toi, bourre ta pipe et fume-la.

Ta pipe fumée
Tu n'auras plus envie
Que de lui appliquer une bonne correction.
Alors, assieds-toi, bourre ta pipe et fume-la.

Après cela,
Tu seras persuadé qu'une bonne explication
Règlera aussi bien la querelle
Alors, assieds-toi, bourre ta pipe et fume-la.

Ta pipe fumée,
Va vers ton frère
Et pardonne-lui.


Fievre des iles

Le soleil s’est-il brisé sur ta tête
pour que tu sentes ses éclats s’enfoncer
dans l’arbre qui soutient ton dos,
puis vriller à sec dans les branches de ton corps ?
Ton crâne est un énorme fruit vert que mûrit
La canicule de tous les Tropiques –
De tous les Tropiques, mais sans la fraîcheur
De leurs palmiers ni de leur brise marine !

Ta gorge est sèche, tes yeux s’enflamment ;
Et voici que tu vois, au-delà de ce que voient les hommes,
Tous les Tropiques :
Voici des makis parés comme des mariés ;
Leurs quatre mains sont chargées de régime de bananes,
Et chargées de fleurs jamais vues par ceux qui ne sont pas des gens
Et, parmi leur voix heureuse de se baigner au soleil,
Voici tout le tumulte des cascades.

Mais, simultanément,
Est-ce la glace de la terre qui t’appelle
Qui déjà  t’enveloppe tout entier,
Pour que tu sentes ce frisson à travers tout ton être,
Et pour que tu sembles vouloir te cacher sous les nuages du ciel
Et sous toutes les feuilles des sylves insulaires,
Et sous toutes leurs lourdes brumes,
Et sous les dernières pluies au parfum de lait brûlé.

Scelle fortement tes lèvres afin que n’en sorte
Aucune des choses que tu voies,
Mais que ne voient pas les autres !
Que te berce cet écho qui s’amplifie
Dans tes oreilles,
Lesquelles sont devenues deux coquillages jumeaux
Où palpite la mer qui t’entoure,
O jeune enfant des îles.

 


Ile !
Ile aux syllabes de flamme !
Jamais ton nom
Ne fut plus cher à mon âme !

Ile,
Ne fut plus doux à mon cœur !
Ile aux syllabes de flamme,
Madagascar !

Je mords ta chair vierge et rouge
Avec l’âpre ferveur
Du mourant aux dents de lumière,
Madagascar !


Un viatique d’innocence
Dans mes entrailles d’affamé,
Je m’allongerai sur ton sein avec la fougue
Du plus ardent de tes amants,
Du plus fidèle,
Madagascar !

( Antsa de Jean-Joseph Rabearivelo )


O mon Île,


J’entends que sonne haut
Ton appel angoissé de vestale au voile arraché.

C’est, lorsque les épreuves
pleuvent
Sur ton épaule étincelant de pudeur
Et toute lourde de ta peine,
Sur ton dos fier, souple liane de vanillier,
Mais dont jamais n’a pu faire courber nulle main barbare
L’échine droite, ayant l’élégance du bambou vert ;

C’est, lorsque tes enfants sentent sur leur poitrine nue
La plaie ouverte et toute fraîche
Et la morsure et les griffures,
Que du fond pantelant de tes vieilles entrailles
Jaillissent à grands flots les chants funèbres
des pleureuses.

Et nous dirons, ce soir, sur l’air des thrènes lents,
Récités à voix grave par le devin aux yeux de lynx,
Les versets consacrés aux lignes longues du soleil
et des astres de ton destin.

( Thrènes d’avant l’aurore )
( Jean-Joseph Rabearivelo )

 

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